What African sex workers want

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By Denis Nzioka

There are three things sex workers desire, and hope for

Rather than looking at the ethical, religious or personal stances on sex work, it is important to first acknowledge that sex work has borne the brunt of a highly stigmatising society, and one whose sexual conservativeness has often clouded, and looked in aghast as those who freely, consensually, and of course, engage in sex work for money, pleasure or other mutual benefits.

A basic activist definition of sex work is ‘sex work is the exchange of sex, or other sexual services, in exchange for money, gifts, or other sexual services.’ I will not delve into the historical lineage of sex work in Africa, or even map the many ways society and others, has tried to regulate, punish, rehabilitate, and even kill off the sex work profession.

I identify as a sex worker rights activist, and I represent a regional network called the African Sex Workers Alliance (ASWA) that amplifies the voices of, and advocates for the human rights of the diverse community of sex workers living and working in Africa.

To this end, African sex workers have tasked ASWA with the task of creating awareness, while advocating for the recognition of sex work, while also protecting their human rights, and right to freedom from discrimination based on their sexual choices, and work.

Our values

At the heart of this African sex work movement are three fundamental ideals that we strive to ‘preach,’ and promote as critical in our work of representing this diverse community of sex workers, who include male, female, and transgender sex workers. We also include sex workers living with HIV, those who are differently abled, those who use and inject drugs, and those who are refugees, or migrants. Any sex worker living and working in Africa is represented in ASWA.

Acceptance of sex work as work is one of our fundamental values that we promote, and seek to have recognised. This value presupposes the recognition of sex work as a legitimate form of earning money, and other benefits accrued from it.

As a form of work, or labour, sex workers are therefore entitled to equal and fairly compensated pay for their work, as well as freedom to make meaningful financial decisions with their work, as well as entitlement to benefits such as medical care insurance, banking facilities, and other economic emoluments.

Decriminalisation

Another key value is our opposition to all forms of criminalisation and other legal oppression of sex work, including sex workers, clients, third parties*, families, partners and friends. The term ‘third parties’ includes managers,brothel keepers, receptionists, maids, drivers, landlords, hotels that rent rooms to sex workers and anyone else who is seen as facilitating sex work. There is a crucial distinction between these two terms that is frequently blurred in the debate on sex work.

Here, I draw your attention to the difference between legalisation and decriminalisation of sex work. Under legalisation, sex work is controlled by the Government or other State authorities, and is legal only under certain state-specified conditions e.g. mandatory registration, or HIV and STIs testing, and even taxation. However, decriminalization essentially involves the removal of all laws against any form of sex work or those that touch on sex work. Thus, we must remove punitive offences such as vagrancy, loitering with the intent to commit a crime, solicitation, which are often used to arrest, prosecute, and further harass sex workers.

Save us from our Saviours!

Sex work is diverse. Sex workers are diverse. Thus, our third key take-away is the self-organisation and self-determination of sex workers. Here, I take issue with the many ‘saviours’ that have tried to rehabilitate, or offer alternative means of income to sex worker with no tangible results. Often, these ‘saviours’ ignore the fact that sex works do not need cash hand outs or sawing machines, or even the rite of Baptism, but rather safer working conditions, protection from violence and arrest, as well as the freedom from stigma, and equal pay for their services, and work.

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Ce que Veulent  les Travailleurs du Sexe Africains!

Par Denis Nzioka

Il y en a trois choses indispensables que les travailleurs du sexe espèrent avoir et sont désireux d’obtenir.

Au lieu regarder le travail du sexe à partir des lentilles de la religion, éthique ou position personnelle, tout d’abord il faut reconnaitre que le travail du sexe a fait l’objet d’une stigmatisation découlant de la société, la nature conservatrice de la dernière a toujours induit un mépris et un regard stupéfiant envers ceux qui proposent des rapports sexuels volontaire et consentie en échange de l’argent, du plaisir ou d’autres avantages mutuels.

Une définition de base du travail du sexe axé sur l’activisme, est l’exécution d’un rapport sexuel ou d’autres services sexuels en échange de l’argent, des cadeaux, ou d’autres services. Je ne vais pas parcourir la frise historique du travail du sexe en Afrique ni dresser une carte des nombreux cas de méfaits dont ont subi les travailleurs du sexe perpétrés par la société sur le prétexte de sanctionner, réadapter, et mettre à terme le travail du sexe.

Je m’identifie en tant que défenseur des droits des travailleurs du sexe, je représente un réseau régional dénommé l’Alliance Africaine des Travailleurs du Sexe (ASWA) qui a pour objectif d’amplifier les voix et plaidoyer en faveur du respect des droits humains de la communauté diverse des travailleurs du sexe vivant et exerçant en Afrique.

A cette fin, les travailleurs du sexe africains ont confié à ASWA la tâche de sensibilisation en menant le plaidoyer dans l’optique de faire reconnaitre le travail du sexe, ainsi que la protection de leurs droits humains, notamment le droit de ne pas subir la discrimination fondée sur le choix de la profession et leur sexualité.

Nos valeurs

Au cœur du mouvement africain des travailleurs du sexe, se retrouve trois idées fondamentales que nous aspirons de faire connaitre et de promouvoir comme étant la force motrice du travail indispensable de la représentation des diverses communautés des travailleurs du sexe, constituées des travailleurs hommes, femmes et transgenres Nous ciblons également les travailleurs du sexe séropositifs, handicapés, ceux qui utilisent les drogues aussi que les drogues injectables, réfugiés ou migrants. Tous travailleurs du sexe vivant et exerçant en Afrique sont représentés par ASWA.

L’acceptation de travail du sexe comme travail digne de son nom demeure une de nos valeurs fondamentales. Cette valeur sous-entend que le travail du sexe est reconnu

comme une source légitime de génération de revenue et d’autres avantages engendrés, comme tout autre travail, les travailleurs du sexe méritent une rémunération équitable et juste par rapport au travail accompli ainsi que la liberté de prendre les décisions financières déterminantes, le droit de jouissance et de bénéficier d’une assurance santé, des services bancaires et d’autres émoluments économiques. 

Décriminalisation

Une autre valeur principale, c’est que nous sommes opposés à toute forme d’incrimination ou oppression juridique faites à l’encontre des travailleurs du sexe, les clients et les parties tierces, Le terme partie tierce désigne les gestionnaires, les propriétaires des maisons clous, les réceptionnistes, serveuses, chauffeurs, les propriétaires, les hôtels qui louent des chambres aux travailleurs du sexe et toute personne qui facilite le travail du sexe. Il existe une distinction nette de ces deux termes qui font toujours l’objet d’amalgame lorsqu’on tient le débat autour du travail du sexe. J’aimerais attirer votre attention à la différence entre la légalisation et la décriminalisation du travail du sexe.

La légalisation veut dire que le travail du sexe est règlementé par l’état ou des instances étatiques, et qu’il est autorisé sous réserve de quelques exigences et termes par exemple, l’inscription obligatoire, le dépistage forcé de VIH et ISTs et la fiscalisation, par ailleurs la décriminalisation entend l’abrogation de toutes lois qui freinent le travail du sexe et celles qui perturbent l’industrie du sexe. Il faut donc abolir les lois comme le vagabonde, flânerie avec l’intention de commettre un délit, le racolage, qui sont souvent les prétextes des arrestations et poursuites et des harcèlements accentués des travailleurs du sexe.

Epargnez-nous de nos Sauveurs !

Le travail du sexe est divers autant que les travailleurs du sexe. Le troisième élément à souligner c’est l’auto-organisation et l’auto-détermination des travailleurs du sexe. Souvent plusieurs « sauveurs  » ont essayé de réadapter les travailleurs du sexe ou proposé des moyens alternatifs de génération de revenus aux travailleurs du sexe qui n’ont jamais abouti à des résultats concrets, la plupart de temps ces « sauveurs  » ne tiennent pas en compte le fait que les travailleurs du sexe n’ont pas besoins des incitations, des machines à coudre ni des rites de baptême, en revanche ils ont besoins des conditions saines de travail et d’une protection par la loi contre la violence et les arrestations, aussi que le droit de ne pas subir la stigmatisation et le droit à une rémunération équitable pour les services rendus ou travail accompli.

 

 

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